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Tout d'abord je tiens a signaler un ouvrage superbe de Anne LASSERRE-VERGNE "Les Pyrénées Centrales dans la Littérature Française" aux édition Eché qui a servi à la redaction de ce mémo. A la fin du XVIIIe, les vertus et les propriétés des eaux pyrénéennes ne sont plus a prouver. Des stations thermales telles que Bagnéres de Bigorre, Baréges, Cauteret... se développent et leurs renommées s'étendent. On vient donc principalement pour se soigner mais aussi pour s'y réfugier comme Ramond qui fait figure d'exception en sortant des sentiers reconnus auxquels se limitent la plupart. Il est des lieux qu'on se doit de visiter (les choses n'ont guére changé) : le Cirque de Gavarnie et le Lac de Gaube en tête.La connaissance qu' aristocrates et artistes ont des Pyrénées avant 1820 se limitent donc surtout à ces lieux, en fond de vallée. Le mouvement Pyrénésite explorera les sommets et les zones isolées avec une approche scientifique..Les artistes en général qu'ils fussent peintres ou écrivains tentent de décrire ces paysages magnifiques sans y parvenir réellement ce qui expliquent qu'ils usent d'images telles que l'Arcadie, l'Elysée... Souvent divines celles-ci se mèlent avec les grandes figures Homériques. La vision des Pyrénées qu'ont les écrivains est alors teintée d'un grand romantisme.En outre, comme le décor montagnard favorise la méditation, les sujets les plus divers sont parfois abordés dans les récits de voyage. Dusaulx évoque, au coeur des Pyrénées, la révolution de 1789 ; Ramond s'intérroge sur la société, l'économie pastorale ; le philosophe Azaïs sur l'amour, le bonheur, la souffrance, la propriété...Si les reflexions de tous ordres abondent, les habitants du lieu n'y ont aucune part et Ramond est le seul à s'interesser aux Pyrénéens et n'oublie pas l'extréme pauvreté de ces populations. Ceux-ci ne partagent pas ce romantisme ; les montagnes sont dangereuses et abritent diables ou serpents monstreux.Il faut croire que l'on s'habitue au Beau et il a fallu que des "étrangers" viennent pour le déceler et tenter de la faire partager. Dans les écrits comme dans les représentations picturales, la description de l'habitant est toujours empreinte de ce bonheur champêtre, de cette vie saine tellement éloignée de la corruption des cités. Il est interessant de noter cette constance dans l'approche de la montagne.Il faut attendre 1820 pour que les Pyrénées soient réellement à la mode. D'autres artistes viendront, attirés peut-être par les textes de Bertin, Dussaulx ou Ramond. Ce dernier prédit l'éssor du Pyrénéisme. Celui-ci tardera a se développer et entretemps Fénelon, Rousseau, Baudelaire, Flaubert, talleyrand, Delécluze, Chateaubriand, Lamartine... imposeront un imaginaire aux Pyrénées. Jubinal, de récine Bigourdane, décrit par ex. la cité thermale de Bagnères de Bigorre de cette façon : "C'est une grande maison de plaisance ayant l'Europe pour locataire, Esculape pour pretexte, le plaisir pour but ; c'est Paris en diminutif aux pieds des Pyrénées". Il est point étonnant alors que certains romans prennent pour décor ces villes comme "Lavinia" de G. Sand.En littérature comme en peinture, les Pyrénées sont le reflet de la vision qu'en ont alors ces touristes : quelques pics mais surtout le Cirque de Gavarnie et le Lac de Gaube. Ce dernier devient même un lieu de pélerinage après la noyade d'un couple d'Anglais : les Pattison. Décrits maintes fois, cet accident devient légendaire. Le tragique se marie bien avec le romantisme.Est-ce que les Pyrénées Centrales sont mieux connues qu'à l'époque de Ramond ? Guère plus... La plupart de ces riches voyageurs aiment se promener dans des chaises à porteurs, ce qui exclus tout nouvel itinéraire. Certains réussiront quand même a se faire déplacer jusqu'au Pic du Midi de Bigorre. On est loin des valeurs des membres de la liste Pyréne !.Toutefois, une nouvelle mode se fait jour, on aborde les Pyrénées par une approche plus ou moins scientifique. De simples touristes commencent a s'adonner à la botanique, la géologoie... se transforment en montagnards et deviennet les auteurs célèbres que sont Frossard ou Chausenque. Le mouvement Pyrénéiste se met en marche. La littérature va s'enrichier d'une quête de l'inconnu ; le récit de voyage devient un style littéraire dominant.Après 1840, nous retrouvons bien évidement des personnages comme Frossard, Chausenque mais surtout apparaissent les grands noms que sont Henri Russel, Packe, Schrader, Walon...

 

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