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Etape 22 : La Soula -Refuge du Portillon

Cette étape de haute montagne nous faite pénétrer, pour ceux qui cherchent des sensations extrêmes, dans la plus belle, la plus sauvage et la plus grandiose région des Pyrénées. De la couleur des lacs des Isclots aux Gourds Blancs, des glaciers au Perdiguère, tout est aussi à mettre au superlatif. Mais l'étape, technique, est exigeante.
Durée 6h
Technique ****
Physique ****

Dès le lac de Caillauas, la haute montagne, rude, austère, où neige, glace et rochers se partagent la vue, nous ouvre ses portes. Nous pénétrons dans un sanctuaire de l'altitude, un de ces sites qui ne s'offrent qu'au prix d'exigences fortes.

Le lac des Isclots, avec ses eaux vertes surmontées des premières neiges, semble irréel. Mais c'est en arrivant au Col de Gourgs Blancs que le vrai choc se produit. En contrebas, le Lac glacé est en pleine bérézina. Le Perdiguère lance à l'assaut du lac du Portillon ses glaciers, dans un chaos de rochers qu'aucune végétation ne viens troubler. Et les premières pentes de neige sont devant nous. Pour ceux qui n'ont pas le vertige, qui savent "poser les mains" en montant et qui ne sont pas encore trop fatigués, je conseille vivement l'ascension du Pic Gourdon, belvédère splendide sur le cirque, le Spijeoles, le Lac glacé et Espingo.

Traverser ensuite tout un passage glaciaire, jusqu'au "col du pluviomètre". De là, on peut envisager de descendre directement au lac du Portillon, seulement si l'ensemble de la pente est enneigée. Sinon, la prudence veut que l'on suive scrupuleusement les consignes de Véron, et, comme il le précise, bien monter au sommet de la Tusse : le contournement à flanc est finalement très pénible, dans de gros blocs, et fait perdre beaucoup de temps.

En 94, nous avions encore dormi dans l'ancien refuge du Portillon, minuscule. Mais depuis, nous avons pu goūter au nouveau refuge, bien plus grand, moderne et mieux équipé. Anne-Marie est toujours là pour l'accueil, et si le charme n'est plus forcement le même, le confort y a beaucoup gagné.

Nous conseillons vivement à ceux qui ont éprouvé des difficultés lors de cette étape de faire l'impasse sur les deux suivantes, encore plus terribles. Redescendre à Espingo, puis emprunter soit le GR10, soit continuer jusqu'au granges d'Astau, et trouver une solution -stop- de transport jusqu'à la sortie sud du tunnel de Vielha, où on retrouve la HRP avec des étapes plus raisonnables.

 
 

Etape 23 : Portillon - Refuge de la Rencluse

Voilà peut-être la plus terrible étape de cette traversée. Toujours en haute montagne, elle traverse le vallon de Litérole, en glacier et toujours fortement enneigé, avant de descendre la vallée de Remuñe, terrible passage. Cette étape mène enfin à la Rencluse, au pied de la Maladeta et de l'Aneto. Technique et fatiguant.
Durée 7h30
Technique *****
Physique *****

Véron donne 6h15 pour cette étape. Alors que durant toute la traversée, nous avons eu les mêmes horaires que lui, il nous semble que sur cette étape, il est très optimiste. Nous avons mis 7h30. Voilà pourquoi.

Après avoir quitté le refuge, et franchi un passage surplombant le lac du Portillon, la montée au col de Litérole inférieur se fait bien. Seule la fin, les 150 derniers mètres de dénivelés, se font sur neige ou sur glace. Mais de bon matin, la neige, qui a fondu en surface la veille et gelé la nuit, se présente sous la forme d'une fine couche dure par dessus de la neige plus molle, permettant même sans crampons de passer assez facilement. Mais c'est dur physiquement.

Le col de Litérole inférieur est le point culminant de la traversée. A moins d'avoir fait ici ou là un détour pour un 3000, ses 2983 mètres le placent au dessus du principal sommet, le Carlit dans les Pyrénées Orientales, avec 2921 mètres. Il nous faite pénétrer dans le vallon de Litérole qui, bien qu'ouvert au sud-est, est particulièrement enneigé. On peut même voir les eaux du lac gelées en été. La traversée de ce vallon va se faire à flanc sur des pentes enneigées. Le début de la descente du col est raide. Par la suite, repérer la Forca de Remuñe, piton bien rond qui se dégage nettement sur la crête séparant ce vallon de la vallée de Remuñe, au sud-est du col. Et trouver la meilleure solution pour arriver a son pied afin de le contourner par le sud pour attaquer la descente. De ce col, la descente est elle aussi très délicate, dans des fortes pentes enneigées.

Si la zone que l'on vient de quitter est difficile techniquement et physiquement, elle n'en est pas mois exceptionnelle par son côté sauvage et son enneigement important.

La descente de la vallée de Remuñe est particulièrement pénible, a osciller entre pentes enneigées, rocheuses. De plus, nous n'avons trouvé les cairns mentionnées dans le topo que bien après le cirque.

La fin est plus clémente, mais l'organisme est à ce moment bien fatigué. Cependant, il faut encore parcourir une longue remontée dans le fond de la vallée de Benasque. Puis, après avoir passé le parking terminal de la route et une buvette, encore 200 mètres de dénivelé pour arriver au refuge... parcours qui sera redescendu dès les premières heures le lendemain matin!

Le fond de la vallée de Benasque est cependant un enchantement, et on ne peut que regretter que la vue ne soit pas plus étendue sur le massif de la Maladeta depuis le refuge. Quant à celui-ci, construction ancienne et relativement imposante avec un vrai caractère de refuge de montagne, il est sur-fréquenté l'été par tout ceux qui monteront le lendemain à l'Aneto. Et par conséquent bruyant. Mais heureusement, nous n'avons jamais vu de repas plus copieux...

Etape 24 : Renclosa - Hospitau de Vielha

Dernière étape de la trilogie des Hautes Pyrénées, celle-ci est aussi difficile et belle que les précédentes. Elle nous fait quitter le massif de la Maladeta pour aborder celui des Bessiberis et le nord du Parc d'Ayguestortes, autre région sublime des Pyrénées.
Durée 7h
Technique ****
Physique ****

Il faut apprendre à déchiffrer le Véron dans le texte. Lorsqu'il parle de passage où il faut faire attention, celui-ci s'avère très dur à passer. Lorsqu'il le décrit comme un peu difficile, il est quasiment infranchissable. Alors lorsqu'il dit que le versant est du col des Mulleres "peut être délicat", attention... Le verdict : de toute la traversée, c'est le seul vrai passage où il faut s'aider de ses mains, pour franchir une petite barre rocheuse de plusieurs mètres. C'est pas infaisable, mais tout de même !

Ceci étant, le début de la journée est très agréable, sur les vertes prairies qui bordent le Trou du Torro. Puis c'est une succession de petits lacs avant d'aborder la montée vers le col, dans des grandes dalles rocheuses arrondies, qui ne présentent aucune difficulté, si ce n'est de navigation. Attention pas mauvais temps... Déjà que par beau temps, il n'est pas évident de repérer le col, vu la précision des cartes, j'imagine ce que ça doit être par brouillard !

Du col, la vue sur le massif de la Maladeta et l'Aneto est extraordinaire. Et vers l'est, on trouve le massif des Bessiberis et le parc d'Ayguestortes, que malheureusement nous ne feront que frôler par le nord : c'est une véritable région enchanteresse.

Une fois le ressaut quasi-vertical franchi, c'est encore une longue et pénible descente qui s'amorce, dans le neige puis les rochers. De plus, les consignes sont de descendre vers le déversoir d'un lac, hors sentier. Hors, celui-ci est quasiment invisible... Une fois encore, le cheminement est donc délicat à trouver : cetet étape est réservée à ceux qui ont une certaine xpérience de la montagne.

Enfin, une fois ces menus tracas résolus, c'est l'arrivée au nouveau refuge de l'Hospitau de Vielha, tout confort avec ses douches chaudes. Et ils servent de ces doses de pastis... ! De quoi fêter notre entrée en beauté en Catalogne, dans les Pyrénées du soleil. Comme le dit Véron, ce soir, le plus dur de la traversée est faite. Mais les fatigues accumulées ces trois derniers jours vont bientôt venir se faire sentir. Une pause d'un jour serait sūrement la bienvenue dans cette région.

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