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Etape 13 : Pombie - Refuge d'Arrémoulit

Nous quittons la région verte et accueillante de l'Ossau pour les déserts rocailleux et enneigés du cirque d'Arrémoulit. Si l'étape est peu intéressante dans son début, l'abord de la région de haute montagne Lurien - Palas - Balaïtous est un pur ravissement.
Durée 5h
Technique **
Physique **

Au départ de Pombie, un bon sentier nous mène jusqu'au gave de Brousset. Avant d'y franchir la D934, faite une halte à la Cabane de Soques. Malgré son aspect, elle renferme le plus charmant bistrot de toutes les Pyrénées, tenu par un adorable couple âgé. Serait-ce le plus petit bar de toutes les Pyrénées ?

La montée dans le val d'Arrius est longue et inintéressante. La plus belle vue est vers l'est, vers l'Ossau, dans notre dos. Seuls les Iris y sont magnifiques. Mais l'arrivée au col nous ouvre enfin les clés du massif du Palas et du Balaïtous, le lac d'Artouste -célèbre pour son train- et le pic d'Ariel surplombant le cirque -encore invisible- d'Arrémoulit. Cette arrivée coïncide aussi avec les premiers passages délicats et de haute montagne de cette traversée.

En premier lieu le passage d'Orteig, chemin à flanc, creusé dans le roc, surplombant le lac d'Artouste de plus de 300 mètres. C'est impressionnant, grandiose, mais finalement pas dangereux quand les pierres sont sèches. Un câble fixe permet de s'assurer et de franchir le passage sans risques. Et pour ceux sujets au vertige, il reste l'option de redescendre au col d'Arrius, au lac d'Artouste et de la reprendre sud-est le bon sentier qui serpente en montant au refuge. Pour les autres, le sentier zigzague sur de grandes masses rocheuses arrondies et entre la neige présente pour la première fois relativement en abondance, à 2400m, avant de redescendre vers le minuscule refuge d'Arrémoulit.

Le cirque est un haut lieu de l'escalade. On y croise donc marcheurs et grimpeurs, dans le plus petit refuge de cette traversée. Mais l'un des plus authentiques, des plus montagnards.

 
 

Etape 14 : Arremoulit - Refuge Wallon

Parmi la traversée, il y a quelques étapes qui laissent un souvenir plus fort que les autres. Ce long parcours de haute montagne, d'Arrémoulit, aux étangs de Respumoso puis au Wallon dans la vallée du Marcadau en est une. Splendide et grandiose. Dure, par ses cols d'altitudes et ses tronçons hors sentiers. Fatiguante. Mais inoubliable.
Durée 7h30
Technique ***
Physique **

Nous quittons le refuge d'Arrémoulit au petit matin, à 6h00. Le froid de cette zone de haute montagne est saisissant. Notre objectif est d'atteindre avant 7h du matin le Col d'Arrémoulit. Contrat rempli : nous avons pu assister aux petit matin et à ces premiers rayons de soleil qui colorent les montagnes de rose. Le Lurien, le Balaïtous flamboient.

Au départ du refuge, ne pas coller aux flancs du Palas qui bordent au Nord-est le cirque, mais bien se diriger plein sud vers le col d'Arrémoulit, deuxième au sud du pic du même nom : la descente est bien plus aisé par ce col, dans un bon couloir, que par le col du Palas, après lequel on tombe sur des barres rocheuses difficilement franchissables. Donc, ne pas faire confiance à la carte au 50 millième, qui indique le col du Palas, et faire attention au plan du topo de Véron. S'il indique le col du Palas, c'est pour marquer le chemin - difficile- vers le refuge de Larribet. Le chemin menant à Respumoso passe bien par le col d'Arrémoulit.

Le site des lacs d'Ariel, et le vallon menant vers la grande vallée du Rio Barranco est un pur ravissement. Le site de Respumoso aurait pu l'être tout autant. Mais j'ai toujours été déçu de la présence de constructions ératiques de barrages non achevés. Et puis on trouve le nouveau refuge de Pieadrafita, immondice sans âme, sans intégration avec le site, sorte d'usine bruyante dédiée aux masses. Une pure Horreur.

Le site se révèle aussi être un terrible labyrinthe, dont on ne se sort qu'au moment d'avoir rejoint la rive gauche de l'Embalse de CampoPlano, avant d'attaquer la montée vers le col de la fâche. Du col, la vue est superbe, autant à l'ouest, vers le Pic du Midi d'Ossau, qu'à l'est, sur le pla de Loubosso et le Vignemale.

Enfin, cette étape nous mène au refuge Wallon, dans la vallée du Marcadau dont certains -sūrement à raison- considèrent qu'elle est des plus belle des Pyrénées, par ce mélange de plas, de prairies clairsemées de pins, et ses hauts sommets déchiquetés tel la Grande Fache. Mais la rançon du succès, c'est sa fréquentation. Et malgré la taille du refuge, il est prudent pour ceux qui veulent y faire halte de le réserver. Le refuge en lui même, ancienne construction du Touring Club, possède ce charme désuet de ces constructions du début du siècle, qui alors accueillaient dandys, rentiers et montagnards anglais.

Etape 15 : Refuge Wallon - Refuge de Bayssellance

Même si cette étape se fait toujours en haute montagne, on n'y trouve plus les difficultés de la veille. Et pourtant, avec la face nord du Vignemale depuis les Oulettes de Gaube, elle n'est pas moins inoubliable.
Durée 7h
Technique **
Physique ***

Nous partons tôt encore ce matin, et toujours par un grand froid et un grand beau temps. Direction la vallée d'Aratille, à la recherche de l'ours qui aurait laissé sa tête en guise se sommet. Le vallon est fort beau, mais nous sommes dubitatifs quant à la fameuse tête. Le plus intriguant est finalement ce lac, que l'on découvre juste en dessous du col. Ne connaissant pas beaucoup d'exemples d'un lac 20 mètres en dessous d'un col, je me suis surpris en y arrivant à râler, pensant que le col était encore bien loin...

Du col, Véron insiste pour que le marcheur redescende franchement sur le vert. Que le Grand Georges descende si cela lui chante! Pour notre part nous avons prit le magnifique chemin à flanc qui relie les deux cols en imposant bien moins de dénivelé, et qui est tellement bon qu'on pourrait presque le parcourir les yeux fermés. Enfin pas tant que ça, car le Vignemale guette, de son imposante stature, avec une vue sur sa face ouest moins célèbre que sa face nord, mais pourtant superbe.

Mais la vérité nous oblige à admettre que, une fois descendus du col des Mulets vers les Oulettes de Gaube, la face nord du Vignemale, avec son glacier, le couloir de Gaube, la pointe sommitale qui nous surplombe de 1150 mètres (!), procure un véritable choc. Un sentiment de ne plus être tout à fait dans la même montagne, tant cette vue est démesurée. Le Vignemale est un seigneur, un géant.

Après un bon pastis frais au refuge, il faut attaquer la deuxième longue montée vers la Hourquette d'Ossoue, 600 mètres qui pourraient être biens longs s'il ne ménageaient une série de vues variées sur le Vignemale, son glacier... Variées et toujours aussi impressionnantes.

Au col, il serait vraiment dommage de ne pas poser les sacs pour faire un rapide détour au Petit Vignemale. Ce n'est certes pas son grand frère, mais c'est déjà un 3000 et un splendide belvédère. Puis on descend au refuge, juste en dessous du col.

Le refuge de Bayssellance est une admirable construction. Il est parmi les plus anciens des Pyrénées, avec sa forme ogivale typique et la petitesse de ses salles intérieures. Et, il faut l'admettre, c'est à notre avis le plus beau et le mieux gardé de tous les refuges des Pyrénées. La garbure y est fabuleuse, le jazz excellent. Monsieur Lacaze va encore me trouver flagorneur..

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